jeudi 31 janvier 2013

Dans le ciel



Les arbres se font barrouetter d'un bord et de l'autre. Je ne sais pas comment la maison tient debout dans ce vent infernal qui souffle depuis le dîner. Heureusement, je l'avais dans le dos lorsque je suis rentrée. Le plus laborieux, c'est lorsque j'ai dû traverser la cour de la polyvalente. Il me fallait contourner les ados en fluo qui fumaient des clopes, le couple qui s'embrassait avant de monter, chacun d'eux, dans leur autobus respectif et la fille qui s'essuyait la bouche suite au baiser dégueu partagé plus tôt (pauvre elle, elle pensait que c'était le fun de frencher avec un gars de 14 ans), etc. Mais bon, je m'en allais. J'avais fini.

Cette semaine, j'étais persuadée de les avoir abrutis plus que d'autres choses en leur parlant entre autres de l'invention du tube de peinture. Invention qui me paraît fa-sci-nante! J'avais l'impression de les avoir assommés, au sens propre. Leur faire écouter Mahler à 8h am, j'étais plus trop sûre que c'était une bonne idée. Toutefois, je croyais les avoir un peu réveillés avec L'origine du monde. Et puis, finalement non. Rien de tout ça. Tu penses que tu parles dans le beurre, que ton spectacle tombe à plat comme les farces de Daniel Lemire et puis, il y en a un qui arrive, tout bonnement, pour discuter de Satie. Tu en as un autre qui te revient sur Les Glaneuses. La curiosité leur pogne comme une maladie. Et tu te rends compte qu'ils sont là. Devant toi. Présents au monde. Ils sont là, petites rangées serrées avec leurs épiphanies de circonstance et leurs eucharisties légères.

C'est beau. Comme un éclairci dans le ciel sombre de la plaine. Comme un vent qui hurle que le silence n'existe pas.