mardi 11 décembre 2012

Dans la marche froide


J'ai oublié mes lunettes chez moi, alors mes verres de contact se lamentent sous mes paupières de mélasse. Je devrais aller me coucher parce que je dors debout. Je devrais dormir plutôt que d'écouter Joan Baez et Mara Tremblay qui chante des tounes d'amour saturées de paillettes et de synthétiseur. Mais il y a quelque chose qui m'en empêche. Mes pensées font des vagues entre mes côtes. C'est un tumulte que je connais. Et que j'aime. Un tumulte qui parle une autre langue et qui maîtrise la mienne. Je n'ose pas penser ni rêver de peur de faire fuir les étoiles froides et scintillantes qui éclairent ma poitrine. Mieux vaudrait marcher sous les étoiles et le ciel cru que de rester planter ici, parce que je sais que rien ne sert à rien à l'heure qu'il est. Et c'est parfait ainsi. Tellement parfait.