mercredi 28 novembre 2012

Dans le déménagement

Au début, j'avais le motton juste d'y penser. Puis, il a fallu que je me rende à l'évidence : déménager est la seule solution. Avec mon pas-de-char, avec deux apparts à payer, avec des dettes d'étude à rembourser, avec une job loin à temps plein, avec tout ça, il me semblait impossible d'arriver à concilier deux vies simultanées. J'ai donc pris la décision de déménager. Temporairement, mais pareil. Il fallait donc sous-louer et trouver un lieu où déplacer mes pénates. Or, laisser mon deux pièces me paraît une cruauté inconsolable. Quoique plus la semaine avance, plus la réalité me paraît adoucie. D'autant plus que je ferai une heureuse en prêtant mon gîte bucolique à une quelqu'une en peine d'amour. Moi, les peines d'amour m'attendrissent à un point qui frôle l'irraisonnable. Alors, offrir mon nid à une mésange qui tire de l'aile me paraît plus touchant, plus sensé. Ne reste plus qu'à trouver un nid pour moi. Je crois avoir trouvé quelque chose. Je dis «quelque chose» parce que l'endroit, par sa craditude douteuse, ne saurait être désigné autrement. L'appart ressemble à un de mes ex : de type brisé, croche, pas une beauté plastique et clinquante, mais charmant, poétique et bien situé. J'aime les affaires un peu sale, comme Bernard Adamus. Tsé, Bernard, il habiterait là cent fois. En plus, comme je le disais, l'appart est bien situé : dans le centre-ville, à deux pas de la rivière (que l'on voit de la fenêtre du salon), pas trop loin de l'épicerie. C'est le genre de décision que je déteste prendre parce que même si la proprio me jure qu'il y aura plusieurs rénos d'effectuées et que je n'ai qu'à faire une liste de mes requêtes, j'hésite. Vais-je me faire avoir? Question sans réponse bien évidemment.