mardi 30 octobre 2012

Dans l'instrument de paix


En revenant de la piscine, j'ai aperçu cette statue de Saint-François D'Assise. Je l'ai toujours aimé, lui. Avec ses petits oiseaux et ses écureuils. Au même moment, dans mes oreilles, résonnait l'entrevue de Bernard Émond sur la sortie de son nouveau film, Tout ce que tu possèdes. Une histoire de dépouillement. Les absolus me sont une inspiration constante (dépouillement, paix, compassion, accueil), tandis que la réalité est tout autre, étant plutôt du genre à pogner les nerfs, à grimper aux rideaux, à embarquer sur mes grands chevaux. Tout le kit. Quand je discute de féminisme, quand je vois passer un flot en bazou avec un TDF de collé sur son pare-brise arrière, quand j'aperçois sa blonde à ses côtés. Quand je passe pour une folle moi-même parce que je mets de la passion dans une discussion sur les inégalités h/f. Quand on me demande si je suis dans «ma semaine». Quand on adhère à du sensationnalisme de merde sans s'en rendre compte pour s'acheter une conscience bon marché. Quand on annonce candidement avoir «cliqué» sur le vidéo de Magnotta et s'être arrêté au moment où il sort le pique-à-glace. Quand ça arrive, je ne me sens pas cet instrument de paix dont parlait Saint-François D'Assise. Le feu pogne dans le foin, la grange part en fumée. Bang! Je dois alors prendre des pauses, serrer le dossier de la chaise, me mordre l'en-dedans des joues pour restreindre mes ardeurs, ne pas nuire au propos que je souhaite transmettre. Respire par les trous de nez.

Lentement. Pense à des affaires le fun : les bières du dimanche avec Steph, les jokes de prot., les enfants qui dessinent Icare survolant un monastère, ceux qui rient quand on leur fait la toupie, ceux avec des petits cheveux doux doux doux, les discussions de piscine sur fond de casque de bain, les fous  rires avec les étudiants, les frissons de frenchs de galerie.