mardi 11 septembre 2012

Dans l'imprévu


Ça ne se passe pas tout le temps comme on pense. Hier encore, je m'étais arrangée une petite soirée smooth : olives, écriture, ballade, Out of Africa. Alors que je roulais la pâte feuilletée de mon souper, une amie a téléphoné. Crise sentimentale à l'horizon : le mec ne rappelle pas. Osti. Je l'invite donc à venir passer sa rage dans ma cuisine et à grignoter des céleris, de la pizza et de la roquette. On se ramasse dans un bar. On niaise. Yann Perrault s'amène au moment où on est rendues à parler de cancer, de boutique de mère, de frère en Alberta, de char chez le concessionnaire. Un type frêle au comptoir fait les yeux doux. On s'enfonce la tête dans nos verres. On écoute « Gundam Style » pis on rentre. Ça ne s'annonçait pas aussi mondain à la base et que dire du matin qui suivit. Ce matin. Un appel et pis bam!, les jours se bousculent, se garochent de tout bord tout côté. Ils se grimpent dessus, se chamaillent le calendrier. Il faut alors tout réorganiser autrement, passer des coups de fil, s'installer ailleurs, plus vite. Plus le choix, ça prend un agenda. 

Et que dire de Karen Blixen. Pensait-elle que sa ferme en Afrique flamberait comme un nic à feu? Non. Elle ne pensait pas non plus que son beau-Denis-féministe-sauvage la quitterait aussi tragiquement. Pauvre Karen : la syphilis, le mari courailleux, la guerre, l'amant sauvage qui veut rien savoir d'être attaché à elle, le feu à la ferme. Pauvre Karen. Au contraire d'elle, c'est pas pour faire chier, mais je pense que je suis greyée en frais de bonne étoile. Pas pire sûre à part de ça. C'est de la chance. Tout bonnement.