mercredi 5 septembre 2012

Dans le plus de dents



J'étais revenue zen. Ben raide. Après une fin de semaine de quasi-complète solitude, de grands arbres, de montagnes, de vélo, de grillons, de lampes tamisées, j'étais rendue-là. Ça tournait rond pis toute. Ma mère me racontait au téléphone que mon oncle était rentré en désintox. Ça allait encore. Qu'il avait demandé à son fils (!!!) d'appeler la police pour qu'ils viennent le ramasser. Comme ça il n'aurait pas à payer pour sa cure. Je trouvais ça triste en criss, pis ça commençait à faire des floutchs dans mon estomac. Mal de coeur. Mais ça allait encore pas pire. Peut-être qu'une pomme au déjeuner c'était trop acide pour commencer la journée. Après, j'ai su que son kick à lui c'était la coke. Mais je me disais que ça coûtait ben trop cher pour un paumé en son genre. Il manquait sûrement des informations à ma mère. Toujours est-il que je suis sortie de cette conversation assez déroutée, triste surtout de constater que le bilan des intoxiqués se rallongent sans cesse dans ma famille. Une affaire de génétique. De manque. De Québec profond et pauvre jusque dans l'os et dans la gueule (mon oncle s'est fait arracher toutes les dents tout de suite après sa cure parce que trop de drogue).

Puis après, plus tard dans la journée, il y a eut les élections. Un bonheur restreint. Pauline Marois qui manque se faire clancher par un désaxé. Ça allait mal. J'avais le zen plus trop drette. Ça me quittait. Un mort. Un blessé. Une frousse plus de la trempe d'une grosse chienne.  À l'heure où l'on se parle, il y a quelque chose de fragile qui plie dans le vent chaud de septembre, mais qui ne se rompt pas. Et j'attends l'annonce de la démission de Charest.