lundi 13 août 2012

Dans la virée extraordinaire





J'avais rien à faire. Alors pourquoi pas arrêter à Petite-Rivière en descendant. Comme je ne peux pas avancer dans un travail qui demeure toujours de l'ordre du mystère, je me suis dit qu'il valait mieux en profiter. Tempête. Je n'étais jamais allée à Petite-Rivière. Dorénavant, je pourrai affirmer que j'y ai laissé une paire de brake. Pourtant, c'est trop beau pour rester inconnu. Je me demande pourquoi ils ont pas choisi de faire la messe d'Anne-Marie là-bas, dans le village où elle a passé son enfance. Là où elle aimait retrouver son ami Abel, sa grand-mère. Gabrielle Roy aurait veillé au grain. Le fleuve aussi qui y dévore la côte. Avec la track de chemin de fer qui s'y allonge en pointillé près de la grève. Enfin... c'est pas à moi de juger ce qui est le mieux pour elle. Sa famille, oui. Moi, non. Tout ça pour dire que j'ai jamais trouvé la maison de Gabrielle Roy. Chatte!

Tant qu'à faire, je me suis dit que je pouvais bien glander un peu à Baie-Saint-Paul. Je suis entrée pour la première fois chez Linda Tremblay, phénomène local dans le domaine de la quincaillerie et de la décoration. Sa boutique est bourrée de têtes de cerf, de truites empaillées, de tasses en macramé, de lampes en deux par quatre, d'un boa rose en guise de cadre de porte imaginaire, etc. La plancher est croche. Une vieille mémé, plus centenaire encore que Linda, se berce dans une balançoire deux places de jardin à l'entrée de la boutique. Et un fucking oiseau arrête pas de beugler du moment que quelqu'un s'approche de la caisse. J'aurais aimé acheter quelque chose, mais les têtes de chevreuil se vendaient à un prix monstre. Et que dire de la boîte aux lettres en forme de truite... 

Et pis là, non contente de ma virée extraordinaire, je me suis perchée dans un café. Non mais j'en niaise  tu une shot ces temps-ci. La paix.