mercredi 13 juin 2012

Dans le karma

Quand je suis rentrée chez moi, c'est là que je me suis rendue compte : je n'avais plus de cigarettes. En ouvrant le frigo, en descendant la petite trappe pour le beurre, j'ai bien vu : juste une livre de gras un peu rabougrie. Rien qui ne ressemblait à mes cigarettes. Pourtant, mon envie folle était bien là, elle, une envie qui rend tout le reste inutile, terne et moche. Puis je me suis souvenue : un peu désemparée, l'autre soir, je les ai jetées à la poubelle. Ça m'arrive souvent. Un geste impulsif pour montrer ma supériorité, pour me convaincre que mes actions ont une portée, pour signifier : « C'est moi qui mène icitte! ». Finalement, il fallait revenir à l'évidence : je ne contrôle rien. Surtout pas mes envies de fumer, ni même le déplacement des jours sur le calendrier. Je ne suis même pas capable de savoir ce qui m'arrivera en fin de semaine. Je sais qu'il y a quelque chose de prévu. Mais je ne peux prédire la tournure des événements. Vu d'ici, ça s'annonce très mal. Ma soeur a lancé un soupir de découragement : « Mais ma pauvre, t'es donc bien pas chanceuse! » Je sais. C'est effectivement une malchance. Une tare congénitale. Un karma de marde. Mais un karma concentré dans une seule sphère de ma vie. Ce qui est en soi, déjà, une bénédiction. S'il fallait que le reste soit aussi désolant... seigneur!