mercredi 20 juin 2012

Dans la sueur

La côte de Beaupré offre une vision plongeante de la ville. De loin, on peut sentir chaque fente de béton suinter à grosses gouttes. Revenir à elle, à la sueur de la ville, me réconforte on dirait. J'ai hâte de rentrer pour me laisser engloutir toute entière dans sa gueule de fauve. C'est comme sortir au dépanneur, peu avant l'heure de fermeture pour faire le plein de cigarettes. Au début, notre envie nous semble un pur caprice. Puis finalement, au dehors, on constate qu'il existe une faune nocturne pour apprécier ce temps caniculaire. Elle courtise les rues et savoure patiemment l'air à peine plus frais de l'extérieur. Elle chasse derrière elle cette même brume qui colle à la peau et qui recouvre les murs de l'appartement. On se rend compte, une fois rendue dehors, que nous sommes plusieurs à loger dans la nuit en attendant la brise de l'orage. La chaleur ajoute au rose sombre de la ville une atmosphère insupportablement langoureuse.