mardi 1 mai 2012

Dans le bilan post-hivernal

J'ai ressorti ma bécane, Amy Winehouse et mon allure de cycliste débraillé. C'est le mois de mai. Je suis disparue de moi-même quelques temps pour me substituer à plus grand que moi, voguant l'hiver durant, alerte, enragée et désespérée, sur un carré de feutre rouge. J'ai piqueté, marché, voté. J'ai posé des banderoles sur la rambarde de la terrasse Duferrin. J'ai tracté dans les rues de Ste-Foy et de Limoilou. Je me suis obstinée avec Abraham Lincoln qui voulait me prendre en photo. J'ai bloqué des locaux. J'ai couru aux trousses des briseurs de grève. J'ai jouté avec un inconnu au milieu d'un escalier. J'ai signé des pétitions, réalisé des pancartes. J'ai fait un vidéo. J'ai fait ça et autres choses aussi.

J'ai réfléchi à la barbe des hommes qu'ils grattent de leur grande main d'homme pour un oui ou pour un non. Je l'ai laissé partir une fois pour toute et cela, sans regrets. Puis, je t'ai croisé au stade du PEPS, les cheveux encore mouillés. Merde, ça faisait longtemps. Ça m'a fait du bien. Toi aussi. J'ai écrit plein d'affaires sur Marie Uguay et Josée Yvon. J'avais commencé à rédiger des nouvelles mais j'ai cessé d'avoir le temps. À deux reprises, j'ai pensé que ça y était avec toi et puis au deuxième rendez-vous, j'ai changé mon fusil d'épaule et l'ai fait tourné à 180°. Pas de niaisage.

J'ai trippé fort sur Tire le coyote, Patrick Watson, Michael Hurley et Sibylle Baier.

Pourquoi les saisons m'inquiètent autant. À voir tout ce qui se passe, a posteriori, y a pas de quoi flamber un cheval.