vendredi 17 février 2012

En la terre


Dehors, le ciel grisonne et passe un temps fou à se maquiller les yeux. Sous ses paupières ennuagées de toi, il ne reste que de luisantes flaques d'eau. Le ciel a les yeux mouillés d'un bord de mer. Un air de fatigue lui taraude le visage, une mélodie qui rappelle les chansons de Sibylle Baier. La semaine est joufflue. Tellement que je ne sais plus où me mettre. Il ne reste plus de place pour y dormir, pour s'y reposer. Le décompte avant les funérailles achèvent. Ta mort résonne de plus en plus fort dans ma poitrine. J'entends le triste gong de ton renoncement. Tu charries des accumulations de colère sombre. Je refuse l'abandon qui m'apparaît tel un crime. Un crime contre nos humanités fauves, contre nos souffrances réciproques. N'avons-nous pas le devoir d'exister, même pâlement, de se révolter. Demain. Tu rejoindras la terre gelée résistant à son propre effroi de te sentir descendre en elle dans tes existences contraires.