lundi 13 février 2012

Dans le non livresque (en opposition claire au romanesque volontaire)


Dis moi ce que tu penses de ma vie, de mon adolescence
Sébastien Tellier

Il y a quelque chose qui s'est mis à fondre alors que je me hissais hors du bassin pour sortir de la piscine. Une petite tristesse de dimanche au creux du ventre. Une branche de sapin coincée de travers dans les boyaux. Puis finalement, en sortant de l'édifice, le froid, avec ses mâchoires crispées et son museau blanc, a dissipé le reste des mélancolies dominicales. Envoi de textos. Attendre un courriel. Lire dans l'autobus tellement profondément que j'en ai oublié de descendre. J'ai abouti deux arrêts trop loin, ce qui m'a permis de lire, lire encore, jusqu'à être soûle, me retrouvant dans des eaux peu communes, sonnée par la détonation des choses vivantes qui explosent ou implosent. C'est selon. Mais je ne m'en rends pas vraiment compte parce que je suis dans mes absences régulières, hors du repos. Je n'ai pas besoin de me penser livresque pour exister correctement, je n'ai pas non plus envie de me les jouer no-future, de faire mon personnage de téléroman pour que la vie soit discordante, improbable. Je me fais un devoir d'avaler des fleurs bleues pour éviter de répandre ma sciure de chienneries cyniques. Je suis trop jeune pour mourir la bouche ouverte étouffée par mes propres poumons noircis.