vendredi 10 février 2012

Dans le mantra (trop de chaos)

Je ne suis pas encore sûre de ma propre réaction. C'est comme face à un nouvel amant et à l'indécision monstre que les premières heures de fréquentations génèrent : piétinement, recul, pas de côté, arabesque, glissade, pointes. C'est aussi enlevant qu'une chanson de Jefferson Airplane (« You better find somebody to love ») ou aussi fou dans tête que lire du Josée Yvon -- sans vomir (« Mal aux poignets ce matin de tant d’aiguilles / au rythme des serpents et des demi-lunes en / bijoux »), que de regarder le documentaire sur la vie de Marilyn Monroe (« je pourrais accepter qu'il nous aime toutes les deux mais je veux savoir s'il a menti en disant que j'étais la première et la plus importante »). À la longue, le passé se durcit et devient impénétrable comme une surface de plastique bien lisse. Ou peut-être qu'avec le temps, j'en viens à ne plus ressentir le monde que de façon lente. Un monde qui s'approcherait constamment alors que j'ai les yeux bandés et la bouche close, un monde qui te laisse indifférente, ou dégagée. Ou pantoise. Ce doit être ça plutôt : le monde génère des incongruités que j'assimile difficilement avec la même vitesse de ceux qui craignent de se brûler la langue. Le monde est tellement loin. Ou peut-être est-il parfaitement intégré. Je ne sais plus trop. Ça s'appelle comment déjà ? Ah, le chaos ! Pourquoi ce mantra gayatri appris petite ?