mardi 28 février 2012

Dans l'amour propre


Incroyable, la rapidité avec laquelle la meilleure relation, quand on lui demande plus qu'elle ne peut donner, se détériore et finit par se consumer entièrement. 

Oui, Thomas Bernhard


Soudainement, je me suis mis à ajouter des points de suspension de façon frénétique, puis j'ai cru bon renchérir avec un point d'exclamation. J'avais-tu d'affaire à mettre autant de sous-entendus dans un seul message. Ensuite, non contente du décès de mon amour propre, j'ai fait un détour improbable pour voir si tu avais terminé de travailler. Il était passé 3 heures. Bien sûr que tu avais fini. Je ne me souviens même plus d'avoir pris l'autobus, mais me revient par contre aisément la silhouette des trois gars qui marchaient de travers dans la rue, en sens contraire. Il y en avait un parmi eux qui cherchait un visage enfoui dans les mailles serrées de mon foulard. Il avait beau chercher, je ne lui aurais jamais donner ce qu'il voulait. Je n'appartenais à personne. Mes peaux d'hiver me rendaient invisible et secondaire. On aurait dit qu'un fantôme enveloppait mes esprits et le recouvrait d'un vaste vêtement d'irréalité. Je ne m'appartenais pas. Absentée des rues et des villes habitées. Je ne me souviens plus pourquoi, mais tu me manquais. Absolument.