mardi 20 décembre 2011

Dans l'écologie irréelle (obsession #34 : la neige)


J'ai découvert en même temps les bains et la poésie. Je me passe plus facilement de poésie que de bains. Tout de suite, je paierais une fortune pour un bain chaud, et je cracherais à la gueule d'un poète qui viendrait avec sa lyre chanter la détresse d'une jeune femme qui se meurt...  
(Thomas, Le Testament d'Olympe : 140)

La neige. Une obsession. Du même ordre que les pivoines, les mitaines et la crème hydratante. En elle-même, la neige n'a rien d'extraordinaire. Je suis habituée de la voir tomber, de la sentir sur mes joues, de la tasser au fond de mes paumes fumantes comme une montagne de perles glacées, invisibles. Mais même si je la connais bien -- elle craque sous les bottes lorsqu'il fait moins 15, elle nous arrive les jours où le ciel est grisonnant, elle peut être mouillée, légère, fondante--, je suis toujours saturée d'une joie peu commune lorsqu'elle s'amoncelle sous ma fenêtre. Je ne suis pas tout à fait convaincue de sa longévité. C'est parce que je fais de l'angoisse écologique. Les saisons ne sont plus aussi régulières qu'avant. Elles parlent d'un chaos irréel entrepris par nous. J'ai peur. Avouons-le : c'est la galère.

Pour faire taire mes inquiétudes, je passe un coup de mope sur le plancher. On dirait que j'ai volé les pieds d'une geisha. Tablier, sandales, bas collant. Un costume pour les soirs d'hiver où il ne reste plus qu'une seule chose à faire (à part lire avec comme unique préoccupation de tourner les pages une après l'autre et s'endormir à 1h du matin, à bout de force, incapable de délaisser ces mêmes pages). Une seule chose à faire : le ménage. Pour mieux quitter. Pour mieux revenir ensuite. Et quitter encore. Probablement.