jeudi 15 décembre 2011

Dans le gros gin

Ce matin, la neige nous est tombé dessus comme une tonne de briques. Un coup de bate dans le front. Le manteau alourdi et les bottes collant au trottoir, je me suis trainée jusqu'au bureau où s'empilaient des copies et encore des copies. À force de fouiller dans les piles de feuilles, mes mains se sont couvertes de petites coupures. Pas assez profondes pour chauffer ni même faire mal. Juste assez nombreuses pour picoter un peu. Des égratignures pareilles à celles d'Émilie Bordeleau, de Joséphine March.

Et puis, Noël...

À cette heure, j'ai l'oeil qui frise juste à fixer mon stylo, mes mains tachées. Noël viendra un jour où l'autre, tapissé de guirlandes et de sucre à la crème. Ma stratégie, cette année, je crois que je la tiens : rester la joue collée contre celle d'un de nos bébés, les yeux dans la graisse de bines. Abandonnée au divan, au sapin, au gros gin. Un ski à chaque pied.