jeudi 8 décembre 2011

Dans la pulpe

Je fais maintenant le grand tour pour passer devant la chapelle et aller saluer les petits minous. Il ventait si fort la dernière fois. J'avais peur qu'ils s'envolent. Ils avaient l'air frigorifiés. Ils bourrassaient sur le tapis blanc, comme frustrés par le froid. Ça paraissait dans leurs yeux. C'était mercredi. Depuis, une seule chose me préoccupe (probablement à cause des pré-arrangements funéraires de mes parents et des interrogations liées à la succession -- et la maison ? et le chalet ? et les vêtements ?) : « Si je mourrais un mercredi ? ». 

J'associe une humeur particulière à tous les jours de la semaine. Donc, je ne voudrais pas mourir un mercredi, par exemple. Et puis, je ne sais pas pourquoi, mais j'avais toujours imaginé que la mort, ça se passait la fin de semaine. Mais elle peut être subite et survenir au beau milieu de tout : des corrections, des partys de Noël, des achats au centre commercial, des enseignemences, des marches en bottes. Force m'est de constater que je suis d'une naïveté à faire périr les plus blasés. N'empêche. Il fait un froid de canard dehors et cela correspond à mon idée de la justice : l'hiver, il fait frette. J'ai envie de déposer lentement la pulpe de mon doigt sur le rebord gelé de la fenêtre et de laisser fondre les petites glaces agglomérées aux vitres.