jeudi 17 novembre 2011

Dans la bombe (ou comment embrasser le fond de vos paumes)


Passer d'un mode à l'autre, et c'est curieux, me donne l'impression de ne plus exister vraiment. La métamorphose crée une sorte de vide que je ne reconnais pas et l'absence du connu est associé, à tort, au manque. En fait, le poing serré au cœur qui faisait jusqu'alors la marque anxieuse de mon existence s'est dissout miraculeusement. La perte me laisse pantoise, mais ce n'est rien comparé à l'horreur, à Hiroshima (je pense ici cet l'article de John Hersey dans Le Monde diplomatique). La bombe. Je ne comprends pas ce genre de choses (pas plus qu'Hiroshima, mon amour et que dire de Éroshima de Dany Laferrière - quel culot improbable de jouer avec ce mot !). Les yeux fondus, la peau qui décolle, les cancers, les malformations, les ombres des objets imprégnées sur les murs, sur le sol. La force de l'impact. La violence. La catastrophe nucléaire. Tant de désenchantements humains. Je me demande si c'est inévitable : être désenchanté, dire non, aménager son avenir, dresser des murs de sécurité, se reposer, refuser l'aventure (même pour une seule nuit). Depuis quand demain existe. Chérir absolument cet au-delà rassurant est-il possible. Un avenir dénué de nucléaire ? Vraiment ?