vendredi 25 novembre 2011

Dans les petits minous (bis)

La neige éclaire le paysage. On voit mieux dehors. Les paupières avalent toute cette lumière de nuit rose. Épicé, un parfum se dandine sous le nez, déposé en fines et brumeuses gouttelettes sur mes clavicules. Une guirlande de Noël autour du cou. Mon vieux parfum qui sent le vieil homme et qui rappelle les feux d'automne avec les restants de planches du quai, la branchaillage piquante dans les longs cheveux. Le porter me fait le même effet que la voix de Dolly Parton ou que les yeux des petits minous perdus dans les ruelles sombres de mon quartier. Pauvres petits minous. Des yeux grands à se perdre dedans. La pupille excitée à mourir de peur parce que j'approche la main. Rudesse infinie envers les petits minous des ruelles d'église. Désolée. Je ne le referai plus. Je vais te laisser manger les carreaux de bouffe pour chat qui ont été déposés près de la clôture en fer forgée, exprès pour toi, et pour ton copain, le gros matou gris, avec des favoris blancs. Salut les petits minous sauvages. Je rentre à la maison. Moi aussi, j'ai la dalle. Je me retiens pour ne pas y aller en courant. Parce que ça effraierait les petits minous.