jeudi 13 octobre 2011

Dans ce qui ne vient pas

J'écoute la troisième chanson de Papillons. Mara Tremblay chante du nez. La force me manque pour dire ce qui me trotte entre les deux oreilles, la patience aussi.

Plusieurs jours maintenant que je pense. Mais ça ne vient pas. Je mijote à chaque heure du jour, mais ça reste en suspens au-dessus de ma tête. En dehors de moi. D'ailleurs, tout ce qui me touche d'habitude reste, ces temps-ci, en périphérie. Pas groundée, la fille. Ce n'est que depuis le lointain que j'accède aux choses. La preuve : j'étais perchée sur ma bicyclette plus tôt ce soir. Il faisait froid pour le visage et les mains. Ma roue avant fonçait avec amusement dans les feuilles mortes, croustillantes. Mais les couleurs placardées sur tous les murs du paysage ne se rendaient pas jusqu'à mon oeil. Indifférence inusitée. Pourtant, l'automne dans les arbres, ça crève les yeux ! Une seule ligne de quelques mots me tambourinait alors le crâne : « Le vent est long sur mes joues-en-hiver ». Et c'est tout.  Rien d'autre ne venait. 

Au bout du compte, même résultat : incapacité de dire ce que j'ai à dire. Et si je m'adressais à toi directement ? Si je te parlais de mon ennui. Qu'importe. Nos conversations sont grevées d'envies non résolues. Il n'en demeure que des silences entrecoupés de paroles en allées.

La pleine lune s'amène toute seule, elle, contrairement aux mots. Elle nous éclaire avec sa face acharnée de lumière. D'une simplicité! Puisse-t-il en être sur la terre comme au ciel. L'essentiel ne devrait plus autant réveiller mes souvenances. Pourtant, c'est ce que réussit à faire une lune juste un peu trop ronde.