mardi 20 septembre 2011

Dans le rêve





Jamais il ne m'arriverait d'oublier un rêve. Il reste toujours de la place dans ma tête pour la fiction, les chimères et les fabulations. Parfois, la réalité peine à se tailler une place dans ce fouilli. Un nic (nid) à feu. Hier, j'ai oublié que j'avais un char. Je m'en suis souvenue à quatre heures de l'après-midi, en même temps que j'ai pris conscience que j'aurais, du coup, un ticket. Une sorte de black-out. Que je m'explique mal. Je ne peux m'empêcher de me dire : jamais je n'oublierais un rêve. Pas un de ceux qu'on fait en dormant, les yeux bouchés ben durs. Non. Un rêve, avec des champs dedans, une robe, des fleurs. Ce rêve-là, je ne pourrai jamais l'oublier. Pourtant, il ne possède aucune réalité. Il est gorgé d'une sentimentalité peu commune, mais il est intangible. Alors que mon char est vrai lui... Enfin. Je ne sais pas trop où je m'en vais avec ça, sinon que j'ai souvent l'impression que certains désirs, quoiqu'impossibles à réfréner ou à oublier, restent accrochés dans la fiction, suspendus, et qu'ils ne traversent que difficilement le seuil de la réalité. Ils manquent de matérialité. L'essentiel... Leur dessin reste flou. Comme ce jardin de branches et de pierres qu'on a tracé dans le sable. Comme le cerne d'une lune froide.