mercredi 28 septembre 2011

Dans les inchangés


I'm a radio
I'm a country station
I'm a little bit corny
I'm a wildwood flower
Waving for you
Broadcasting tower
Waving for you 

(« You Turn Me On, I'm A Radio », Joni Mitchell)
J'ai envie d'écouter Nina Simone. Mais ne vaut mieux pas. J'ai envie de sortir. Mais ça aussi, ne vaut mieux pas. J'ai envie de dormir. Mais ce n'est pas encore l'heure pour les tâches de la nuit. Il faudrait que je monte sur mon vélo et que je file. Que je rentre. Avec toute la prudence dont je suis capable. Tout simplement. C'est la seule chose qu'il me reste à faire aujourd'hui : rentrer. Mais l'ennuie me pèse sur le coeur. La régularité des jours est aussi insoutenable que l'attente. Une obsession qui me hante. Je déteste attendre. Pourtant, j'attends tout le temps. Dans l'absolu, j'entends. J'imagine que c'est une étoile mal alignée dans mon karma ou un chakra qui a poussé de travers à la naissance. Que sais-je. La vie n'est que rarement à la bonne heure. Ça me rappelle le film de Wong-Kar Waï, 2046, dans lequel le personnage affirme : « On passe à côté de l'âme-sœur si on la rencontre trop tôt ou trop tard ». Laisse faire l'âme soeur, monsieur le fataliste. Kevin Parent aussi s'intéresse aux âmes soeurs dans Café de flore. Où va le monde.

Avec les années (comme si j'avais mille ans!), je sens les opportunités se multiplier et de fait, j'en échappe de plus en plus. Elles me frôlent et puis s'en vont. Comme une truite couverte de limon qui glisse, gluante, entre les doigts.

Appuyée sur le rebord de la fenêtre, je me dis encore une fois qu'au bout du compte, j'attends tout le temps. On ne pourrait pas se plugger sur les mêmes ondes radio. Et que pour une fois, ça dure plus que trois secondes. Juste une fois. Rien que pour voir.