lundi 26 septembre 2011

Dans les galets


J'ai cueilli des galets. Et j'ai rêvé. Sur la plage, il y avait des bouts de bois polis par les marées et le sable granuleux, il y avait des morceaux de verre, il y avait des galets. De toutes sortes. Tous, ils étaient doux à vouloir les tenir dans le creux de la main. C'était des pierres usées, forgées dans la foururre des marées lisses. Je sais comment elles se transforment. La nuit, l'eau grimpe sur le rivage. Elle enlève ses chaussures pour ne pas faire de bruit et choisit une à une les pierres à polir. Elle les emprunte un temps, leur souffle au visage des secrets de marée haute, puis les ramène peu avant l'aube. Les pierres reviennent sur le rivage, changées.

Quand je vais me promener sur la grève, le sable, les bouts de bois polis et les galets interrompent mes pas. Autant dire que je ne marche plus. Je fixe le sol : le sable, les bouts de bois et les galets. Je reconnais le territoire. Y plante mon oeil amoureux. J'aménage des scènes d'épousailles. L'horizon est long devant. Ce n'est pas l'espace qui manque pour y  fixer ses espérances. Et c'est ici, sur la plage, parmi les galets, que je m'imagine. L'automne, avec sa lumière brune, est favorable pour les songes.