lundi 5 septembre 2011

Dans le clan (Que casino!)

Je dévisage le mur de briques mouillées à travers la fenêtre depuis mon arrivée. Préparer à souper ne me dit rien. Le vide est la seule chose qui m'intéresse, ça, me gonfler une balloune de silence puis dormir un peu. Mes bagages sont défaits. On jurerait que je ne suis jamais allée nulle part. Et pourtant, j'étais ailleurs, jouquée sur la plus haute montagne dans une maison qui, quoique vaste et longue, a failli fendre en deux sous le poids lourd de la famille. Toute une amenchure à l'heure du coucher. Fallait voir. Tellement que la maison s'est mise à émettre des craquements. Elle m'a doucement expulsée, me retrouvant à dormir dehors, seule avec mon sac de couchage de Miss Peggy, dans l'herbe humide, l'oeil recouvert d'étoiles. Puis les nuits ont habilement enjambé les jours, évitant de s'enfarger dans le sucre à la crème, les anniversaires, le baptême, les visites rendues, l'église, les visites reçues, les Bugs Bunny à la télé. 

Dans le fouillis de nos rires et des enfants, j'ai surpris quelqu'un chuchoter, pointant notre banc d'église : « Sont pas une famille eux-autres. Sont un clan. Une sorte de mafia. » Nous voilà alors à l'autre extrémité de ce long congé. Et je médite encore à cette anecdote. Depuis une demie-heure, la bouche ouverte, j'examine les briques sur le mur et je ne suis toujours pas sûre de saisir la signification de cette affaire de mafia. Tout ce qui me vient, c'est cette expression apprise au cours de cette longue fin de semaine (et pour cause!) : « Que casino! ».