vendredi 16 septembre 2011

Dans la pouliche


Peut-on souffrir d'insuffisance cardiaque soudainement ? Je marche à côté de mon vélo et j'imagine la rencontre « petits yeux noirs dans petits yeux verts ». Ce n'est pas tellement que je manque de coeur, mais au contraire, je crois que mon organe est insuffisant. Ou du moins, déficient. Il s'emballe pour un rien. Il se contracte à tous moments et se met à toussoter comme un vieux bazou de fond de cour à scrap. Au milieu de rien, de l'attente, de la rêverie recommencée sans fin.  J'essaie de rester concentrée ailleurs. Je peins : période jaune, jaune d'œuf, et rouge. Chaude. Je parle à Grand-Mère, pense à Sainte-Thérèse, appelle l'esprit de la Forêt. Je me suspends à d'autres que moi pour calmer mes ardeurs de polyvalente qui, de toute évidence, sont demeurées intactes, encore plus intactes qu'un artefact de musée.

Je marche à côté de mon vélo parce que le quartier est peu praticable. Trop de chars. Trop de monde partout. Puis, voilà qu'apparaît une pouliche sur le trottoir. Allô. Ça égaye un plancher, une pouliche, disons-le. Un peu de magie, même. Ça, c'est de la poésie. Hier, un collègue me disait que la Femme est un poème ambulant. Bof. Que l'Homme devait lutter contre son statut de brute, naturel chez lui. Bof. Moi, c'est simple, je vois des poèmes partout : homme, femme, pouliche.