lundi 29 août 2011

Dans mon haunted mind


J'ai suspendu sur un de mes murs le crâne de pékan que l'on m'a offert. Les autres têtes qui me restaient, je les ai données à un ami pour son anniversaire. Loin de me paraître glauques, ils me ramènent au silence organique de la terre. Ils me ramènent aux coquillages accrochés à ma fenêtre, à l'automne.

Mine de rien, je suis passée au travers des saisons une à une, me les réappropriant avec lenteur. Patiente. En éloignant les candeurs passées et les monstres amoureux. J'ai d'ailleurs failli m'éloigner moi-même, partir au grand complet en Abitibi. J'ai failli emprunter le chemin des conifères et m'en aller. Je suis passée à ça de le faire. Malgré l'excitation, j'ai dit non. Les sapins d'ici devront encore me supporter un temps parce que, de toute évidence, les lieux me collent à la peau, s'impriment en moi, dans ma chair comme un rêve qui ne décolle pas (celui de se marier, celui d'épouser le fleuve, celui de s'unir à une montagne, celui de se nourrir dans tes yeux noirs). Je n'irai donc pas planter mon tipi entre vos deux sapins à vous pour consolider ma solitude harmonieuse ou pour m'enfermer dans des papiers de correspondance du bout du monde. Je vais rester encore un peu. Le temps de dire salut aux murs de mon quartier. Ainsi, j'éviterai de rester coincée avec une sorte d"haunted mind" pour parler comme Vanessa Paradis.