jeudi 11 août 2011

Dans l'église


Il n'y a aucune violence entre mes yeux et la grève à perte de vue 
avec laquelle je vis comme avec ma soeur.
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Et le matin du lundi romantique garde sa simplicité de laitier, 
parce que l'amour a de la considération pour la vie qui continue.  (Le ciel végétal, Huguette Légaré)
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Dans mes petites vacances, il y aura des funérailles. Parce que les gens meurent, ceux de ma famille aussi, j'irai sur la Côte-Nord. Nous ferons le chemin sans s'arrêter, sinon qu'au bout du trajet, pour se signer à l'entrée de l'église, pour choisir un banc de bois, puis s'asseoir et écouter le déversement des larmes si proches. Depuis l'autel,  se répandra en centaine d'échos le récit flou d'une vie nordique, méconnue. Juste après, le vin de messe. Nous écouterons la chanson triste d'une âme en quittance.  Je resterai là jusqu'à la fin, m'abstenant de communier. Nous embrasserons les joues des autres, les mains serrées, le coeur piqué pointu dans la gorge. Nous reviendrons, les oreilles assourdies par le bruit du manque à venir. Pas de mathématique. Dans mes petites vacances, nous porterons des habits noirs. Mais il y aura la complicité des voyageurs lointains, rassemblés pour former une sorte de famille.