mardi 30 août 2011

Dans le paysage semblable



C'est difficile de tenir en place. Ma petite chaise craque, roule, tourne, mais ce n'est pas suffisant pour contenir toutes mes agitations automnales. Je me rends compte qu'ici, en ville, je m'occupe abusivement. Il faut que je profite du temps qui m'est alloué. C'est tout. Qui sait pour combien de temps je resterai encore. C'est le temps de la chasse qui s'amorce bientôt. Je sens déjà l'odeur des feuilles mortes roussir dans mes veines. J'entends le bruit des bottes de pluie dans les marches de mon bloc appartement. Mon voisin sort désormais avec une veste sur les épaules pour fumer sa clope le matin après son café. Le matin, il fait plus froid. Le soir, la lumière vire au jaune or, une couleur d'hésitation piquée de brunes harmonies. J'ai hâte de retourner dans les montagnes, parce que la matrice me fait du bien jusque dans les entrailles, rejoignant ma matrice à moi. On ira marcher dans les bois pour voir si le loup est là. On enlèvera notre manteau après avoir monté la première côte parce que les temps changent rapidement en septembre, mais pas tant que ça au bout du compte. Peut-être nous verrons-nous, debout dans notre paysage semblable, pareils à rien de ce que j'ai connu auparavant. Inconnus. Des têtes qu'on partage à peine.