lundi 18 juillet 2011

Dans les pluies

J'existe aujourd'hui dans un espace que l'on dirait emmuré de soleils. Je ne sais pas d'où cette impression me vient. C'est probablement un amalgame de plein de choses. Je sais que hier, lorsque je me suis endormie, j'ai revu tomber sur moi ces plumes blanches du haut des portes St-Jean. Qui était responsable de cette pluie improbable? Aucune idée. Pas plus que je ne peux déterminer qui fut responsable de cet orage qui s'est précipité sur nous un peu avant la fin du spectacle. Mon immense parapluie est venu à notre rescousse : on s'est serrés en-dessous le temps d'une couple de chansons (« Saint-Jean-Du-Doigt »?). Et puis, après toutes ces pluies, tantôt de plumes, tantôt de gouttes d'eau, un grand coup de fatigue m'a rompu le front en deux parties inégales : d'un côté,  le plus imposant, l'ennui d'une fille insatisfaite et regardant partout et ailleurs, et de l'autre côté, une fille attisée comme le feu et ce, malgré l'air ambiant saturé d'eau et de sueur (taux d'humidité approximatif : 93%). On se serait crûs dans un caniveau. La première est rentrée se coucher à l'horizontal, l'autre est restée debout toute la nuit. Celle-là doit encore dormir à l'heure qu'il est, tandis que la première est debout depuis belle lurette et est piquée drette comme un piquette devant  sa belle bicyclette qui rutile maintenant comme une neuve, engin qui saura la transporter, en même temps, partout et ailleurs.