jeudi 14 juillet 2011

Dans les lettres

J'ai retranscrit toutes les lettres de Josée Yvon. C'est ça que j'ai fait. On dirait que j'ai deux verres de contact par oeil, tellement mes yeux sont inconfortables. Ma paupière est devenue aussi rêche que la paille dans le nid d'un oiseau. Ça vallait pourtant la peine. Josée Yvon écrit de belles choses, notamment dans ce passage où elle raconte ses journées, retirée aux Éboulements. Elle raconte qu'elle a plumé puis vidé un coq. C'est ce coq, rappelle-t-elle à son amoureux, qui chantait le matin de bonne heure alors qu'ils faisaient l'amour pour la première fois comme des époux, heureux à en craquer. Ses lettres d'amour sont certainement les plus transcendantes. Elle écrit comme d'autres vont à la messe, avec grâce et transport. Du moins, c'est comme ça que j'imagine les gens qui vont à la messe. Elle écrit comme Gillian Welch chante. Ça vous empoigne le ventre et le recouvre de beurre chaud qui goûte le sel et l'émoi, l'ivresse et le frisson. Les correspondances amoureuses me paraissent encore plus touchantes à cette heure du jour où il ne me reste plus rien à faire, sauf profiter du bon vent à cheval sur ma bicylette.