mercredi 20 juillet 2011

Dans le chaos

Trop de soleil tue l'amour. C'est le titre d'un livre, m'a-t-on dit. Je ne sais pas qu'est-ce qui tue quoi en bout de ligne. Je veux dire en général dans la vie, mais je sais qu'il y a des petites morts qu'on dissimule ici et là en cours de route, qu'on laisse derrière soi, par peur de les voir telles qu'elles sont, comme des petites fins irréversibles. Patti Smith chante pendant que le Ghost Dance. On dirait une incantation amérindienne. Je crois qu'elle appelle l'abandon et qu'elle se soumet au chaos originel. Je crois que je n'ai rien à dire, sauf peut-être qu'il commence à pousser des poires dans l'arbre à fruits. Je crois aussi qu'on est mercredi et que c'est tant mieux.

On peut trouver de bien belles choses dans les bibliothèques des autres, comme des titres (Trop de soleil...) ou des recueils de poésie où l'on peut lire :

« Moi, l'attente ne m'agace pas, parce que ton amour a tant fait bouillir ma fièvre avec le thé, que ma patience bouillonnante et passionnée maintenant sourit. Je veux bien me coucher tard, même si j'aurai demain des tâches qui m'attendront : il faudra que je sois fraîche parce que le lit sera long à refaire. » («  Impatience téléguidée », Huguette Légaré)

« Les lilas, comme des sexes bleuis par le ciel bleu urbanisé, un sexe aux aventures douloureuses, sont des gros cônes de coeur gelé en pleine chaleur. Pourtant on disait que le temps des lilas était celui de l'amour. La signification des fleurs a perdu de sa douceur. » (« Lilas douloureux », Huguette Légaré)