samedi 14 mai 2011

Dans l'os (ou la soupe sans bouton)

On s'entête dans nos humeurs agitées. L'insouciance des trottoirs d'hier me fascine. On crée le temps par allusions, par clignements de paupières, à coup de « Ça va? Oui. Toi? » inutiles. On se détend sur l'herbe, une rumeur dans la joue : « Il fera beau demain. » Maintenant que l'après-midi s'achève, je perçois toute la futilité des samedi. Je réfrène les désordres académiques qui me heurtent jusque dans l'os, cette pâle branche qui me reste en travers de la gorge. Je suis tombée sur un os. Je mangeais avidemment en me fouttant du danger, des écueils et puis, crac! Un os! Il y en a toujours un à quelque part. Je vais boire de l'eau pour m'en cuisiner une soupe (sans bouton). Je vais attendre que l'os commence à se dissoudre. Pourquoi sommes-nous toujours à un doigt d'envoyer chier l'univers en entier? Je dis « nous » mais il n'y a que moi au fond. C'est moi la responsable. Et c'est ce qui est encore plus difficle à avaler. Personne à blâmer. Dommage. J'aimerais donner quelques coups de botte dans les dents. Enfin. Après tout, c'est toujours la même ballade : « Country sti! » Sauf que je ne m'habitue pas à celle qu'on me chante ces derniers temps. Les paroles manquent de souplesse. C'est ce qu'on m'a dit. Je l'ai de travers ce refrain-là. Il revient souvent on dirait.