vendredi 6 mai 2011

Dans la poche


La pile de livres descend tranquillement. Je n'ai pourtant rien trouvé qui me satisfasse. C'est souvent comme ça quand je cherche : je ne trouve pas. C'est comme ce coupon retrouvée au fond de ma poche. Je le cherchais depuis cinq minutes l'autre soir quand la fille du vestiaire a lâché un soupir d'exaspération : «  Coudonc! Yé quelle couleur ton manteau? On passera pas la nuitte icitte! ». Elle était bête comme ses pieds, mais j'ai finalement eu mon manteau. Sans coupon. Je fouillais intensément pourtant : ma main s'agitait dans tous les coins de ma poche, retournait le tissu de tous bords tous côtés. Niet. Et là, cet après-midi, je sors un deux et au même moment un carré bleu chute sur le plancher. Le coupon. Énigme résolu. Fin de la non-histoire aussi peu captivante qu'une partie de baseball. Tout ça pour dire que quand je cherche, je ne trouve pas. 

J'ai dépouillé les murs mon appartement. Derrière chaque image enlevée, j'ai retrouvé une simplicité que j'avais égarée depuis longtemps, encombrées par mes chimères d'antan : mises en scènes, craintes, crispations. Dans l'autobus, tout à l'heure, je pensais à cela -- à rien -- et pour une fois, l'envie de pleurer ne révélait aucune mélancolie. Enfin. Un masque de béatitude sur la figure. Plac. J'ai trouvé quelque chose que je ne cherchais plus. Je l'ai trouvé qui palpitait sur mon poignet : un coeur de dix arpents sans égratignures. Lisse. L'acuité est revenue.