jeudi 5 mai 2011

Dans la machine

J'ai emprunté des centaines de livres pour arriver à formuler un projet de thèse adéquat. Pour enregistrer ma pile de documents, j'ai utilisé la machine plutôt que de faire appel au petit monsieur trop bronzé qui abuse de la conversation et des sourires. En sortant, le détecteur s'est mis à sonner. Je suis retournée sur mes pas. La madame du prêt m'a dit, toute gentille : « Vous devriez toujours préférer les humains à la machine. Ils sont plus sûrs. Plus efficaces. » J'ai fait semblant d'acquiesser parce qu'au fond, je n'aime pas beaucoup ces échanges avec le personnel de la bibliothèque. Je préfère sincèrement la machine. C'est frette de même. Je suis due pour un ermittage de quelques jours. Les cartes de tarot me le suggéraient fortement d'ailleurs lors de la dernière séance de clairvoyance : restez seule, fin seule, le salut viendra ensuite. J'y ai vu une nécessité, un ordre, une fatalité. Du même ordre que la poursuite des jours ou que la venue des tulipes. Je rêve ardemment au chalet. Au vent dans les feuilles du tremble sur le bord de l'eau.