jeudi 14 avril 2011

Dans la prière

Un ourlet se soulève à la jonction de mes côtes : une frange qui se balance dans le vent rugueux et craintif de ma respiration. Je desserre chacune de mes paupières lentement : je connais si bien le contour des choses. La folie s'arrache les saillies de mon visage ébahi. J'ai une petite chienne mauve qui me ravage le coeur, la mâchoire et la peau. Je lève les yeux. Un calendrier. Une peinture : des perce-neige. Une phrase : "On ne peut empêcher la venue du printemps." (An Min Yong)

D'accord. Je me laisserai faire. Que viennent tous les mois de Marie avec ses croix de chemin, ses prières de 19h et ses chapelets. J'irai m'agenouiller sur les bandes de terre froide comme le faisait ma grand-mère, jadis baignée par la sagesse imposante des saisons.

Je prierai pour me délivrer de mes offrandes.