mercredi 30 mars 2011

Dans l'histoire d'Isabelle et de L.



Isabelle habite près de chez moi. L* la poursuit depuis l'été dernier et placarde le quartier d'étiquettes blanches sur lesquelles il invite Isabelle à venir à sa rencontre. Il précise la date, l'heure et le lieu : toujours un « là » imprécis que les guillemets rendent encore plus mystérieux. Au début, on aurait dit  un chassé-croisé amoureux. Quelque chose d'amusant. Mais les amants semblent s'être éloignés depuis, du moins Isabelle. L* paraît insistant et abuse des points de suspension. Il en a placés une armée à la queue-leu-leu dans un de ses derniers messages. À force, il crée une séparation entre elle et lui. L'éternité des points de suspension ressemble à un trait, une barrière. Plus récemment, il a tenté le tout pour le tout : un ultime rendez-vous rehaussé d'un pathétique... « SVP ». Pauvre L*. Ça sent les amours déchus. Ça sent le printemps. Jean Leloup chante une pièce sur le printemps, je crois. Il en a une autre, une chanson, qui raconte l'histoire d'une fille aussi fuyante qu'un poisson d'argent. Une Isabelle. Décidément, cette fille les rend tous fous.