lundi 21 mars 2011

Dans la semaine

Il annonce de la neige. Cela expliquerait ce ciel immaculé. Blanc sur toute la surface. Un dé sans points.  Les Incas prétendaient que la Turquoise, la pierre, venait d'en-haut, une pièce de couleur tombée du ciel. Je me demande ce qui tomberait d'un ciel comme aujourd'hui. Tout ce qui me vient est un vers de Paul-Marie Lapointe : « Je laisse en toi voler des oiseaux blancs », qui lui  me fait penser aux paroles de Dolly Parton : « And I hope life, will treat you kind / And I hope that you have all / That you ever dreamed of / Oh, I do wish you joy / And I wish you happiness / But above all this / I wish you love» (« I Will Always Love You »).

J'essaie d'écrire une communication mais j'ai décidé que, finalement, le lundi, avec son ciel si blanc,  n'était pas une bonne journée pour les grandes idées. C'est plutôt le moment dans la semaine où j'aimerais être poète à temps plein. Être Bernard Adamus. Être cru, sensible et sale. Être un bout de trottoir avec son sable et ses déclinaisons printanières de brun. 

Je cherche dans les craques de ta face de pavé un scintillement, persuadée d'y trouver une solution. Au cas où je tomberais sur autre chose que sur ta face de croque-mort. Sait-on jamais. Tu refermes toutes les issues pour ne rien laisser paraître.

On est seulement que lundi. Ça se fait pas, sauter sur le monde, un lundi. C'est la journée pour être poète à temps plein. Baisse la garde, que je me dis. Et dors un peu pendant que les autres discutent.

Tiens, il neige à présent.