mercredi 9 février 2011

Dans les chemins étroits et blancs

Je peux enfin écouter Elton John en paix. Dehors, le fleuve est submergé d'obscurité. La glace illumine sa surface. Mes petits yeux devinent tout, malgré le noir : chaque virage, chaque maison. La route est bonne. Des lanternes ponctuent le paysage où l'on ne voit rien. Cette fois-ci, j'emprunte le chemin sans mouiller le revers de mes manches, sans attirer l'attention de mes voisins à force de trop de sanglots.

Il y a longtemps (4 mois presque) que je ne m'étais pas retrouvée dans cet autobus, sur cette route. Une euphorie dorée épouse avec perfection les parois de ma poitrine. On accomplit de belles choses à 25 ans.

On manque mourir. On est émue de connaître quelqu'un avec la même génétique que Marie Uguay. On en pleure entre deux boîtes d'archives de Lamartine et de Voltaire. On passe proche de perdre quelqu'un. On remplit des cartes de prompt rétablissement à rebord. On est intimidée par les yeux des autres, ceux couleur pastel, presque blancs. On tombe en amour juste à entendre parler de chasse aux marsouins. On est couvert d'espoirs sur toute la géographie des paupières. On les laisse décanter et pénétrer doucement en retenant son souffle pour mieux goûter l'immersion profonde.

J'aime le silence de mes fantasmes. Je chéris le même depuis quelques jours.

J'aime la peur que créent les sentiers en forêt qui ne mènent nulle part. On s'attache à la peur.

Les chemins silencieux
Me ramènent aux enfances premières
À la lumineuse solitude
Du fleuve grisonnant

Froide forêt
de sentiers étroits
qui enfantent des enroulements
de craintes éphémères

Mes cheveux s'accrochent aux branches
Les pistes avancent pâlement
L'issue est devant

L'hiver
Me rappelle des euphories pareilles à hier