dimanche 2 janvier 2011

Dans le pas grand chose

Nous sommes descendus au Mayflower Hotel et Robert est venu nous accueillir. Il portait son long manteau de cuir, et il était extrêmement beau, quoiqu'un peu empourpré. Il a tiré sur mes longues tresses en m'appelant Pocahontas. L'énergie entre nous était tellement intense qu'elle semblait atomiser la chambre, manifestant une incandescence qui n'appartenait qu'à nous. (Just Kids, p. 311)
Ça faisait longtemps que je n'avais pas tressé mes cheveux. J'ai enfilé ma plume, la nouvelle, un gros chandail en laine grise trouvé dans un sac de vidange au fond de mon garde-robe. Je feelais crade un peu. Je savais que je n'allais pas sortir aujourd'hui, ayant un article à écrire. J'ai donc rédigé quelques pages, sept pour être exacte, en me répétant constamment "La position que j'adopte est aussi viable qu'une autre. Finalement à quoi bon monter telle démonstration plutôt qu'une autre". Dit comme ça, je peux avoir l'air de m'ennuyer à faire ce que je fais. Étrangement non. Je ne m'habitue pas. C'est tout. C'est comme si en bout de ligne, toutes les idées se valent. Enfin. Les moments que je préfère sont ceux où je déroge (on est rebelle comme on peut...). Par exemple, lorsque j'utilise un article sur l'imagerie de la boxe pour illustrer mon propos, propos qui ne concerne en rien la boxe quant à lui (je travaille sur un recueil de nouvelles).

J'ai pris quelques pauses pour parler au téléphone avec A., pour danser sur "Because The Night", pour faire des redressements assis, pour manger du pâté au poulet, pour chanter. Une voyante avait assuré à ma mère que j'oeuvrerais plus tard, donc maintenant, dans le domaine de la musique. Confondant la basse et la clarinette, j'en viens à la conclusion qu'il vaudrait mieux abandonner l'idée d'être musicienne. Chanteuse, voilà une avenue! Pas une chanteuse ordinaire que je vais devenir, une chanteuse... country guinéenne/amérindienne. Je vous laisse le soin de réaliser l'assemblage dans votre tête. Et je deviendrai la x-ième chanteuse ordinairement country. Et ce sera tout. Fuck.

J'ai vu des photos de mon quartier sur Facebook. Elles ont quintuplé ma hâte de retrouver les rues et les trottoirs longs... que je sais encombrés d'avance par les autres. Ô mon tipi adoré, sapiné jusque dans le moelle. Pour me souvenir, je prends quelques bouffées au-dessus du minuscule flacon qui traîne près du bain contenant de l'huile de pruche («-- scratch and snif).