dimanche 12 décembre 2010

Dans les lettres qu'on relit

Je suis tombée par hasard sur une vieille lettre. Suffisamment vieille en fait pour que je ne me souvienne plus de son contenu. Et je l'ai relue. Et je me suis rendue compte que ce que je prenais depuis plusieurs jours pour une invitation à me taire n'en était pas une en fin de compte. Alors, je ne me tairai plus. J'irai crier sous les planches de bois. J'irai crier dans les arbres. Peut-être serai-je exaucée. Même la lumière en déclin du jour, dans ses lignes droites et jaunes, entendra ma voix.

J'ai des colonnes d'ennui
sur mon visage
taché

Ta tête en avalanche
épouse
en silence
la fraîcheur de nos commencements
encore
tout le temps

[Je sais reconnaître la beauté quand elle passe]

Saurait-elle résister
[La beauté dont tu parles justement, oui, celle-là, celle-là même que tu as serré trop fort trop de fois]
Petit fossile blanc
Petite roche ronde et claire
Ailleurs qu'au fond de ta poche

Pourrait-elle se reposer dans ma main
Ma main dans la nôtre, notre main
Basculée de ravissements
sauvages et puérils