mardi 9 novembre 2010

Dans l'ascenseur


 Le silence est nécessaire, me dit-on. Il y a déjà quelques temps que j'ai cessé de vouloir comprendre ce genre de phrases. En fait, c'est tout à fait faux ce que je viens d'écrire : je tente parfois, encore et malgré moi, de faire la part des choses, de nuancer, de me mettre à la place de. Je suis ainsi : hésitante, rompue à l'art de remettre les informations en perspective. Vous avez raison si vous pensez que c'est épuisant. Bref, c'est poche.

J'en étais là dans mes réflexions quand tout à coup...

... quand tout à coup un homme m'est apparu alors que je maugréais dans les corridors de l'université. M'est apparu dans le sens qu'il n'était là QUE pour MOI. Pas de doute. Il est sorti du mur, a traversé l'allée et s'est planté devant l'ascenseur. Intriguée, je me suis dirigée à sa suite lorsque les portes de métal se sont ouvertes.

Par souci de justesse, je devrais plutôt écrire : il m'a cordialement invitée à passer devant lui dans un élan de galanterie. Je suis montée abord et j'ai arrêté de faire semblant de lire ce truc sur les narratologies comtemporaines (comme si on pouvait y comprendre quelque chose dans la station verticale. À d'autres, steplaît!). Je l'ai fixé  tout le temps que les étages ont défilé sous nos pieds : cheveux brefs, lunettes de nerdz brunes, visage timide. Un air sérieux. Pas trop perdu. Un gars qui connaît son existence, qui sait qu'il est au monde et qui ne se prend pas pour un mâle alpha. Moi, pis mes intuitions.

À cause de toute cette tension, aménagée par moi-même en grande partie,  le rouge m'est monté aux joues (merde!). Puis, l'ascenseur s'est immobilisé : 8è étage (déjà?). Le beau-blond-inconnu-de-toujours a fait un signe de la main m'invitant à sortir en premier. Bon journéiii, qu'il m'a dit avec son accent un peu britt, un peu anglo, je ne sais trop. Puis, après lui avoir renvoyé son sourire,  il s'est mis à faire chaud, le signe d'un grand bonheur, dont le portrait, de côté, ressemble drôlement, maintenant que j'y pense, à la vengeance, une vengeance du genre : « Tiens toé, regarde comment je t'oublie en 5 minutes. Le temps d'attendre un ascenseur, de monter dedans et d'en descendre! »

Ça m'a fait du bien. Vraiment. Même si tout ça est un peu puéril, j'en conviens. Wô la perruche! Ce n'est pas puéril. On appelle ça de l'espoir tabarnack!